LA GRIPPE ESPAGNOLE – LA PANDÉMIE DU SIÈCLE (1/4)

Documentaire événement de la rentrée 2021 sur France 2, La Grippe espagnole, la grande tueuse plonge dans les 18 mois qui ont vu l’humanité basculer dans l’épidémie la plus mortelle de son histoire. Paul Le Grouyer, réalisateur du documentaire nous raconte cette histoire vieille d’à peine un siècle.

La grippe espagnole est longtemps restée un épisode refoulé de notre inconscient collectif. Malgré ses proportions et ses répercutions, cette pandémie dévastatrice n’a donné lieu à aucun imaginaire. Écrasée par le souvenir de la Première Guerre mondiale, l’Histoire l’avait réduite à un simple épiphénomène. Le constat a de quoi surprendre au regard de l’ampleur et de la virulence de la pandémie, d’autant que depuis un siècle, son bilan humain a sans cesse été réévalué. Dépassant celui de la Peste Noire ou du virus du SIDA, la grippe espagnole est de fait, la plus grande catastrophe sanitaire que le monde ait jamais connu infectant près d’un tiers de l’humanité et laissant derrière elle plus de 50 millions de morts.

Il aura fallu l’irruption de la Covid-19 pour que nous nous intéressions à nouveau à ce mal contemporain. Alors que nous redécouvrons son histoire, nous tentons de conjurer nos angoisses en cherchant des précédents à la situation que nous vivons, à pointer des divergences ou des similitudes pour en tirer des enseignements ; et c’est avec étonnement que nous découvrons au fil de l’actualité, que nos ancêtres ont eux aussi connu les hôpitaux débordés, le malaise des soignants, l’impuissance des autorités, la tristesse des familles endeuillées. Mais aussi, les perturbations des transports, le chômage, la défiance envers les autres. Hier comme aujourd’hui, il a fallu partout s’adapter, vivre dans des sociétés où l’économie, le commerce, le système scolaire, la vie politique et les relations sociales étaient chamboulées. Ces heures sombres ont été celles de la quarantaine, de la peur de la contagion, des fausses rumeurs, des charlatans et des mauvais prodiges. Elles furent aussi celles de l’égoïsme exacerbé de certains, de l’abnégation des uns, du courage des autres, de l’entraide envers les plus démunis et des premiers élans de solidarité internationale face à la maladie. 

Aussi, à l’heure du retour de la menace pandémique, il m’a semblé important de revenir sur ce précédent fondateur et pourtant oublié. Sans rentrer dans un récit macabre et anxiogène qui, au fil de la progression inexorable du virus, pourrait s’installer dans l’horreur, je cherche au contraire à montrer que cette épidémie fut au premier chef : une épreuve collective. Une épreuve, qui, pour une fois, ne fut pas le produit d’une guerre opposant des peuples ou des nations les unes contre les autres, mais bel et bien le fruit d’un combat à l’échelle planétaire face à un ennemi commun, invisible et mortel.

Paul Le Grouyer

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LA GRIPPE ESPAGNOLE – L’INFILTRATION 2/4

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