LA GRIPPE ESPAGNOLE – LA RETRAITE 4/4

Fin 1918, après deux mois d’enfer, l’épidémie commence à baisser d’intensité. Les puissances européennes, pensent être tirées d’affaire au point que la France déclare la grippe espagnole officiellement éradiquée de son territoire le 13 décembre 1918. Il n’en est rien ! Comme si deux lames de fond n’avaient pas suffi, une troisième déferle brusquement début février de l’année suivante. Le virus frappe de nouveau des populations affaiblies qui pensaient être arrivées au bout de leur calvaire.

Le 1er avril 1919, à Seattle, le retour de la grippe stoppe net la finale nord-américaine de hockey sur glace. Faute de joueurs, impossible de maintenir le match. Cinq hockeyeurs de l’équipe canadienne sont hospitalisés. L’un d’eux meurt quatre jours plus tard.

Mais cette nouvelle réplique ne touche pas seulement le monde du sport. Avec le retour des soldats coloniaux démobilisés, la maladie se répand bien malgré eux dans leurs pays d’origine et notamment en Afrique et en Asie où les morts se comptent encore par dizaines de milliers. Certains gouvernements se font éreinter pour leur incapacité à circonscrire le fléau. En Afrique du Sud, le ministère de la santé est vivement critiqué pour avoir tardé à informer le public du danger et pour n’avoir su organiser les personnels soignants à temps. Alors que le monde entier a les yeux braqués sur la signature du Traité de Versailles, en juin 1919, la grippe continue de tuer.

Mais le temps est aux célébrations de la paix retrouvée où le blessé héroïque présente un bien meilleur visage que le malade impuissant qui trépasse dans son lit. Place aux festivités et aux fanfares qui sillonnent villes et campagnes pendant que d’autres cortèges emportent discrètement les innombrables victimes de la grippe vers leur dernière demeure. Une mort sans honneur qui ne mérite pas qu’on s’y attarde. Toutefois, cette troisième vague reste moins grave, les individus atteints lors des deux premières présentent désormais une immunité. Mais certaines régions du monde restent gravement touchées. C’est le cas de l’Australie qui, ayant levé son confinement trop tôt, ne parvient pas à résorber le fléau avant le mois d’août 1919. Peu à peu, la grippe espagnole s’éteint et disparaît officiellement en juillet 1921. C’est en Nouvelle-Calédonie que le dernier cas connu est enregistré.

 

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