Après Hitler

Synopsis

« Formidablement portée par la voix de Vincent Lindon, cette fresque historique passionnante, habilement construite à partir d’images d’archives colorisées, nous plonge dans une période trouble et méconnue.  » 777

TÉLÉ 7 JOURS

 

« Un récit fort et bouleversant au travers d’images d’archives stupéfiantes. »

TÉLÉ 2 SEMAINES

 

« PASSIONNANT » ****

TÉLÉ CABLES

 

« Un travail remarquable, dense et utile. ZZZ »

TÉLÉ Z

 

Mai 1945. Une terrible guerre s’achève enfin dans les décombres fumants du Reich. Les populations civiles fêtent la victoire. L’heure est à la liesse. Mais la défaite de l’Allemagne nazie n’ouvre pas sur des lendemains qui chantent. L’Europe dévastée doit se reconstruire, panser ses plaies, et éliminer les séquelles d’un conflit interminable et barbare, tout en dessinant les contours du futur.

Mais en 1945, l’Europe est un continent de réfugiés.

Des millions d’hommes et des femmes déportés, internés, ou soumis au travail forcé, attendent des semaines, voire des mois, le retour dans leur terre natale.

Des millions d’Allemands, chassés par les pouvoirs qui s’installent en Hongrie, en Pologne et en Tchécoslovaquie, se jettent sur les routes ou se retrouvent parqués dans des camps.

Des milliers de juifs survivants refusent de retourner dans leur pays d’origine pour tenter de gagner la Palestine.

Des milliers d’orphelins arpentent les cités dévastées.

 

Notre propos vise à plonger le spectateur au cœur de l’Europe de l’après-guerre : de l’euphorie de la victoire en 1945 à l’instauration du rideau de fer en 1949. Cette dernière année marque non seulement la division de l’Allemagne, mais également la naissance de l’OTAN et le premier essai nucléaire soviétique réussi, soit le vrai début de la guerre froide.

Le choix de ces bornes temporelles nous permet également d’apporter une vision nouvelle de cette période et de proposer une lecture différente de celle communément admise. Car l’histoire de l’après-guerre n’est pas seulement celle de la reconstruction. C’est d’abord l’histoire de l’un des plus grands mouvements de population auxquels le monde n’ait jamais assisté. De ce chaos, va émerger un nouvel ordre mondial qui finira par apporter la stabilité à une génération brisée. Une période cruciale et tumultueuse, traversée par de multiples tensions, des règlements de comptes, des injustices mais aussi des aspirations. La renaissance d’un continent dévasté prend du temps et emprunte parfois des chemins inattendus. Celle de l’Europe s’est teintée de douleur, mais a aussi enflammé l’espérance.

En revisitant cette période trouble et méconnue de notre histoire récente, notre objectif est de porter un regard tout en compréhension et en émotion sur cinq années charnières du XXème siècle dont notre monde contemporain est issu. Cinq années décisives pour comprendre ce qui s’est réellement joué au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, sur le Vieux Continent, avant que ne s’abatte le rideau de fer.

L’émergence de la guerre froide est le fruit d’un processus, non d’une décision brutalement imposée. C’est justement ce processus qui s’étend de 1945 à 1949 que nous proposons de saisir. Ces cinq années, où la lente dégradation des relations Est-Ouest aboutit à la division de l’Allemagne et à la partition de Berlin. Berlin où tout avait commencé… De Berlin à Berlin…

Il s’agit donc dans un premier temps de faire émerger la violence et le chaos des années ayant succédé à la guerre, un épisode négligé qui reste encore tabou. Dans le sillage de la défaite d’Hitler, des vagues de représailles ont balayé toutes les strates de la société européenne. Des nations ont été dépouillées d’une partie de leurs territoires et de leurs actifs, des gouvernements ont connu des purges, des communautés entières ont été terrorisées par certains vainqueurs. Loin de faire table rase, l’après-guerre a attisé – voire créé – les griefs et les tensions entre communautés, entre nations, qui s’étaient tus durant le conflit…

En effet, à l’issue de la défaite de l’Allemagne nazie, pour des dizaines voire des centaines de millions d’Européens, la fin de la guerre annonce seulement le passage d’un cauchemar à l’autre. Partagés entre soif de vengeance et survie, le quotidien des prisonniers, déportés, combattants, personnes déplacées et populations civiles dresse le tableau impitoyable d’une Europe profondément traumatisée qui va plusieurs années durant osciller entre vengeance et oubli, soif d’identité et désir d’universel.

Aussi, par-delà les horreurs et les abus commis, il s’agit de dresser la fresque d’un continent physiquement et moralement brisé après la fin du second conflit mondial. Avec 40 millions de morts, un nombre incalculable de villes rasées ou réduites à l’état de squelettes, une économie en berne, des institutions à réinventer sur des bases nouvelles et une population au bord de la famine, notre proposition de film met l’accent sur une réalité très éloignée des légendes dorées qui louent le redressement miraculeux de l’Europe, et exaltent les unités nationales ressoudées au sortir de la grande épreuve. La reconstruction de l’Europe a débuté au milieu de nombreux problèmes à résoudre, elle fut longue à se mettre en place, le continent n’a pas ressurgi tel un phénix renaissant de ses cendres.

Si bien des films retracent ces années sur un plan national, un autre aspect innovant de notre projet est de considérer l’Europe comme un seul territoire, le théâtre aux multiples décors d’un seul et unique drame. Une façon de donner à voir le caractère universel des blessures endurées par les peuples, comme leurs aspirations profondes, et de brosser un portrait cru de cette Europe libérée pour interroger ce que la « sortie de la guerre » a, en vérité, signifié.

Ainsi, par la richesse des situations évoquées et la diversité des parcours convoqués, les téléspectateurs pourront découvrir les similitudes comme les différences des destinées contrastées de leurs voisins, en regard de ce qu’ils ont vécu à l’intérieur de leurs frontières.

Enfin, une dernière originalité de notre démarche réside dans le fait de considérer l’aspect humain et personnel comme l’élément fondamental de la narration, les événements historiques ou géopolitiques n’en dessinant que la trame de fond. L’enjeu est donc de bâtir un récit filmique en privilégiant des mémoires individuelles dont la somme compose in fine une grande histoire collective.

11 millions de prisonniers de guerre allemands sont internés dans toute l’Europe sans savoir ce qui les attend.

Si à l’ouest, les peuples voient leur vie quotidienne se rétablir progressivement sur des bases démocratiques nouvelles, à l’est, ils craignent qu’un totalitarisme ne chasse l’autre. Car de Belgrade à Bucarest, de Prague à Budapest, les communistes s’emparent du pouvoir souvent par le sang.
 A la botte du national-socialisme se substitue la loi d’airain du stalinisme.

L’Europe de l’après-guerre, ne connaitra pas immédiatement la prospérité et la tolérance.  Elle ne marchera pas non plus d’un pas uni vers l’harmonie. En cinq brèves années, les sphères d’influences des deux grands alliés d’hier vont recouvrir le continent et le figer pour les cinq décennies suivantes.

Cinq années marquées par des événements fondateurs : la libération, la création de l’ONU, les procès de Nuremberg, le plan Marshall, le coup de Prague, le discours de Fulton, l’expulsion des minorités allemandes, le changement des frontières, le blocus de Berlin, la division de l’Allemagne… Cinq années pour que le monde, qui espérait une paix durable, se retrouve au bord d’un conflit qui risque à tout moment de le replonger dans l’apocalypse.

Au milieu de la tourmente, entre les décisions des grands – Staline, Truman, Churchill ou de Gaulle – les peuples, des millions d’être anonymes et ordinaires, force motrice de l’histoire, ne seront au fond que les jouets des grandes puissances.

 

Actualités du film

Après Hitler sur France.Tv

  • Langues

    Français
  • Auteur

    Olivier Wieviorka et David Korn-Brzoza
  • Équipe technique

    Montage : Jean-Paul Le Grouyer
    Documentaliste : Marie-Hélène Barbéris
    Chargée de post-production : Sophie Krykwinski
  • Équipe artistique

    Graphisme : Ronan Jupin
  • Distributeur

    ZED
  • Avec la voix de Vincent Lindon