James Tissot

L'étoffe d'un peintre

Synopsis

Peintre de la mode, et portraitiste de la bonne société sous le Second Empire, James Tissot (1836-1902) se rattache, par ses deux parents, à l’industrie naissante du vêtement si capitale au XIXe siècle. De fait, le peintre se passionne pour la mode contemporaine – passion qu’il partage avec son époque, de Manet à Théophile Gautier en passant par Baudelaire. Il s’intéresse aux costumes anciens, à la mode exotique qu’elle soit du Japon ou de Palestine. A Londres, où Tissot passera dix ans de sa vie, il observera la société britannique avec malice, et avec empathie pour ces femmes dont l’air rêveur et détaché les rend impénétrables. Il illustrera une Bible aussi, sans préjugé pour l’illustration, ni pour aucune des techniques (photographie, ou gravure) qui se développent alors et qu’il utilise avec une grande curiosité.

Changeant de style sans arrêt, tour à tour impressionniste, réaliste, ou préraphaélite, il provoquera le trouble chez ses contemporains – son ami Edgar Degas ne pourra le convaincre d’exposer au premier salon impressionniste en 1874. Tissot restera inclassable, et sera dédaigné par l’histoire de l’art.

Pourtant aujourd’hui on redécouvre ses œuvres : trois cents tableaux produits pendant quarante ans d’activité, quatre-vingt-dix eaux fortes, pointes sèches, gravures, sculptures, émaux, caricatures, et illustrations. Et on ne peut manquer d’être saisi par la variété des techniques, et par le goût du détail qui font de lui un époustouflant chroniqueur de son temps. Mais on est surtout fasciné par un charme inexpliqué. Le monde qu’il met en scène est beaucoup plus qu’une chronique ou qu’une surface : c’est une façon de voir, et de penser, c’est un style que décrira « l’étoffe d’un peintre ».

  • Format

    16/9
  • Auteur

    Pascale Bouhénic