La dénazification

Mission impossible

Synopsis

Un épisode inédit de la série documentaire : « Les coulisses de l’Histoire »

La postérité affirme que l’Allemagne a résolument réglé les comptes avec son passé nazi. Mise en place dès la fin de la guerre, la dénazification aurait durablement sorti la société allemande des affres du fascisme, du totalitarisme et de l’autoritarisme au point de faire du pays de Goethe un exemple de tolérance et démocratie. Et pourtant ! Cette vaste opération d’épuration fut loin d’être totale et a connu bien des ratés et des limites.

 

SYNOPSIS

Le 8 mai 1945, l’Allemagne nazie est vaincue. Ce qui reste des chefs, des symboles, et des projets d’Hitler doit à jamais disparaître. Surmédiatisé, le procès de Nuremberg sonne comme la promesse d’épurer l’Allemagne d’une idéologie dévastatrice. Mais cette tâche va rapidement s’avérer être un vœu pieu. Malgré leurs intentions initiales, les Alliés savent déjà qu’il sera impossible de traiter les millions d’Allemands qui ont gravité autour du parti nazi. Aussi ils concentrent leur action sur les dignitaires du régime les plus compromis. Un processus qui présente l’avantage de dédouaner la population dont une partie couvre les criminels, voire organise des filières d’évasion.

Pire ! L’irruption de la Guerre Froide fait rapidement passer la dénazification au second plan des préoccupations. Dès 1947, le nazi n’est plus l’ennemi à combattre. Pour les uns, il est remplacé par le communiste, pour les autres, le capitaliste. Les Alliés se livrent à une course à l’exfiltration de savants nazis et soucieux de ne pas priver l’Allemagne de ses forces vives pour sa reconstruction, réduisent l’épuration à un simple questionnaire. En zone soviétique, la dénazification est surtout un un moyen de répression contre les opposants au nouveau régime. Deux ans plus tard, la création des deux Allemagnes sonne le glas de la dénazification. Alors qu’en RDA, l’avènement d’une république est présenté comme l’accomplissement d’une dénazification totale et définitive, la RFA d’Adenauer peut compter sur la bienveillance de ses voisins qui privilégient l’oubli à la mémoire au nom de la lutte anticommuniste. De part et d’autre du rideau de fer, l’Allemagne entre dans une phase d’amnésie et nombre d’anciens nazis continuent de vivre dans la quiétude la plus totale.

Il faut attendre les années 60 pour que le procès d’Eichmann replace les crimes de la Shoah sous le feu des projecteurs et que l’obstination du magistrat Fritz Bauer, aboutisse au procès d’Auschwitz. Pour la première fois, le peuple allemand redécouvre l’existence des crimes nazis. La prise de conscience collective s’accélère en 1968 quand Beate Klarsfeld gifle en public le chancelier Kiesinger, ancien membre du parti nazi. L’incident devient alors un symbole : la génération qui n’a pas connu le nazisme réclame des comptes à ses parents. Vingt ans après la fin de la guerre, l’Allemagne entreprend enfin un travail d’introspection et de repentance. Au final, cette dénazification partielle et inachevée a arrangé tout le monde à l’exception des millions de victimes qui, pour beaucoup, n’ont jamais obtenu justice. Aujourd’hui encore, l’Allemagne continue de compter ses criminels. Une histoire sans fin.

 

NOTE DU REALISATEUR

La dénazification de l’Allemagne est un mythe qui résiste au temps. Ce mot inventé par les vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale, n’a jamais disparu avec sa mission : éradiquer toute trace du nazisme en Allemagne et « rééduquer » sa population à la démocratie.

Or, si le procès de Nuremberg en est la façade la plus connue, la réalité se révèle en fait bien plus sombre. Par l’étendue des personnes incriminées, la dénazification devient très vite impossible et la désunion des vainqueurs en pleine Guerre Froide la rend secondaire. De part et d’autre du rideau de fer, dans deux Allemagnes que désormais tout oppose, une guerre des mémoires se superpose à la rivalité Est-Ouest. Pourtant, dans la masse de ces deux sociétés en pleine reconstruction, les nazis n’ont pas disparu…

De l’Après-guerre à la Réunification, au travers d’archives exceptionnelles, notre film est construit comme une traversée dans un demi-siècle d’histoire allemande. Celle d’une dénazification avortée qui apparaît enfin au grand jour, traînée comme un boulet au pied des Allemands durant des décennies, d’une génération à une autre, avec des effets considérables sur la mémoire du nazisme jusqu’à aujourd’hui. Une histoire sans fin : trois quarts de siècle après la guerre, des dizaines de procédures judiciaires pour crimes nazis sont toujours en cours en Allemagne…

Mickaël Gamrasni

  • Langues

    Français
  • Format

    HD
  • Auteur

    Mickael Gamrasni
  • Équipe technique

    Voix commentaire : Mohamed Rouabhi

    Musique originale : Charlie Nguyen Kim

    Montage image et son : Pierre Sainteny
    Assistante montage : Magali Pacher

    Documentaliste : Marie Corberand
    Graphisme : Romain Egea
    Etalonneur : Jean-Marie Frémont
    Mixeur : Jean-Philippe Borgeot
  • Équipe artistique

    Auteur-réalisateur: Mickael Gamrasni
    Direction de collection : Olivier Wieviorka et David Korn-Brzoza
    Une production de Fabienne Servan Schreiber et Lucie Pastor
    Conseiller historique: Jörg Echternkamp
  • Distributeur

    Cinétévé Sales - Gorka Gallier - g.gallier@cineteve.fr
  • Vendeur à l'étranger

    Cinétévé Sales - Gorka Gallier- g.gallier@cineteve.fr
  • Édition musicale

    Co-édition
  • Une production Cinétévé
    Cinétévé : Fabienne Servan Schreiber, Lucie Pastor
    Unité Société et culture Arte : Fabrice Puchault
    Programme Histoire Arte : Anne Grolleron

    Avec la participation de Viasat World Limited, de la RTBF - Unité Documentaires - Marc Bouvier, de ViewCom – VRT, de Madman Entertainment et de la RSI – Silvana Bezzola Rigolini
    Avec le soutien du Centre national du cinéma et de l’image animée.

    Attaché de presse : Michaël Morlon

    Format : HD
    Genre : Histoire / 100% Archives